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Le Hezbollah fragilisé par une crise financière sans précédent, selon le New York Times

Le Hezbollah fragilisé par une crise financière sans précédent, selon le New York Times

Alsharq Tribune- Suivis 

Entre sanctions américaines, frappes israéliennes et pression accrue sur ses réseaux financiers, le mouvement chiite peine à financer ses activités militaires et son vaste système d'aide sociale.

Le Hezbollah traverse la plus grave crise financière de ces dernières années, affirme le New York Times, qui s'appuie sur des documents confidentiels ainsi que sur des entretiens avec des responsables libanais, américains, israéliens et des sources proches du mouvement terroriste chiite.

Selon le quotidien américain, la guerre déclenchée en mars contre Israël a profondément affaibli l'organisation, déjà éprouvée par un précédent conflit survenu moins de trois ans auparavant.

Profitant de cette situation, Washington et Jérusalem auraient coordonné leurs efforts afin d'assécher les sources de financement du Hezbollah tout en accentuant la pression sur le gouvernement libanais pour obtenir son désarmement.

Le mouvement peine désormais à financer son vaste réseau d'aide sociale, considéré comme l'un des piliers de son influence auprès de la communauté chiite au Liban.

Parallèlement, il aurait été contraint de privilégier les dépenses militaires afin de reconstituer ses capacités après les lourdes pertes subies face aux offensives israéliennes.

Le porte-parole du Hezbollah, Youssef al-Zein, a reconnu que le groupe avait suspendu les indemnisations promises à ses partisans, faute de moyens suffisants pour répondre aux besoins des centaines de milliers de déplacés par la guerre.

Avant le conflit, le département d'État américain estimait que l'Iran versait environ 700 millions de dollars par an au Hezbollah, soit la majeure partie de son budget annuel. Si Téhéran a renforcé son soutien financier ces derniers mois, ces fonds resteraient insuffisants pour couvrir les coûts de la guerre.

Le New York Times révèle également que les États-Unis auraient soutenu la nomination du nouveau gouverneur de la Banque centrale libanaise, Karim Souaid, qui a rapidement lancé une vaste offensive contre les circuits financiers soupçonnés de servir le Hezbollah.

Des enquêtes ont été ouvertes contre plusieurs sociétés de transfert d'argent, tandis que les contrôles sur les flux financiers ont été considérablement renforcés.

Face à cette pression, le Hezbollah s'appuierait désormais davantage sur le système informel de transfert de fonds hawala, faisant transiter l'argent iranien via les Émirats arabes unis, la Turquie et l'Irak.

Selon le journal, les sanctions américaines, les frappes israéliennes ayant détruit une partie des réserves d'or et de devises du mouvement, ainsi que l'isolement croissant de sa banque Al-Qard al-Hassan, placeraient aujourd'hui le Hezbollah sous une pression économique inédite, susceptible d'affecter durablement son influence politique, sociale et militaire au Liban.

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