Alsharq Tribune- Suivis
Mauvaise passe pour Boeing. Alors que le constructeur américain tente de relancer durablement la production de son 737 MAX, un nouveau souci de qualité vient s’ajouter à une série déjà longue.
L’Agence fédérale américaine de l’aviation (FAA) a annoncé la semaine dernière qu’elle comptait rendre obligatoire l’inspection de centaines d’appareils, en raison d’un risque lié à l’installation de certains sièges passagers.
Selon les informations de Reuters, l’autorité américaine a été alertée d’un défaut de montage : plusieurs ensembles de sièges n’auraient pas été correctement fixés sur leurs rails.
En cas de turbulences sévères ou d’atterrissage d’urgence, ces sièges pourraient se détacher, blesser des passagers ou des membres d’équipage, voire bloquer l’allée et ralentir une évacuation.
Un scénario que la FAA veut prévenir sans attendre. Le projet de directive vise pour l’instant 453 avions immatriculés aux États-Unis, mais l’impact pourrait rapidement dépasser les frontières américaines.
Car si la FAA n’a juridiction que sur les compagnies américaines, les régulateurs étrangers suivent généralement ses consignes lorsqu’elles concernent la sécurité. Autrement dit, les flottes européennes pourraient être concernées à leur tour.
Une inspection rapide mais massive
Chaque Boeing 737 MAX peut compter jusqu’à 69 ensembles de sièges fixés sur rails. L’agence estime qu’il faudra environ une heure pour inspecter chaque avion, puis une heure supplémentaire pour corriger un ensemble défectueux.
Aucune pièce de rechange ne serait nécessaire, ce qui permettrait aux compagnies de mobiliser plusieurs techniciens en parallèle pour réduire le temps d’immobilisation.
Boeing affirme avoir transmis des instructions aux opérateurs dès décembre 2025. Le constructeur dit soutenir la décision de la FAA de rendre ces recommandations obligatoires.
Un problème qui tombe mal
Cette directive arrive à un moment délicat pour Boeing. Le groupe tente de démontrer qu’il a repris le contrôle de sa chaîne de production, après une série d’incidents qui ont mis en lumière des failles de qualité.
Début 2024, le détachement en plein vol d’un panneau de porte sur un 737 MAX quasi neuf d’Alaska Airlines avait ravivé les inquiétudes autour du programme.
Au total, près de 2.300 Boeing 737 MAX sont en service dans le monde, dont 823 aux États-Unis, selon le cabinet IBA. Si les autorités européennes décident de suivre la FAA, une part significative de la flotte mondiale pourrait devoir passer par la case inspection.