Alsharq Tribune-AFP
La République démocratique du Congo (RDC) a enregistré 1.094 cas confirmés de maladie à virus Ebola, dont 277 décès, dans cette épidémie déclarée le 15 mai qui, selon l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), a connu le plus grand nombre de cas confirmés au cours du premier mois d'une épidémie d'Ebola.
Selon les derniers chiffres publiés mardi par les autorités sanitaires congolaises, 387 patients sont actuellement isolés ou pris en charge, tandis que 115 personnes sont guéries. Le pays signale également 131 cas suspects, dont 44 décès suspects.
Dans son rapport épidémiologique quotidien, le ministère congolais de la Santé a indiqué que le nombre de cas confirmés augmentait d'une semaine à l'autre, traduisant une transmission continue de la maladie dans la communauté.
Le ministère a ajouté que l'intensification des mesures de santé publique, notamment en matière de surveillance épidémiologique et biologique ainsi que la décentralisation des capacités diagnostiques, avait contribué à une détection plus précoce, confirmant une transmission communautaire continue et accrue.
"C'est le plus grand nombre de cas confirmés au cours du premier mois d'une épidémie de maladie à virus Ebola en Afrique", a déclaré mardi le Dr Abdirahman Mahamud, directeur des opérations d'alerte et de riposte aux urgences sanitaires à l'OMS, lors d'une conférence de presse à Genève.
Le Dr Mahamud a également fait état de signes encourageants montrant que la riposte s'élargit pour suivre le rythme de propagation. Selon lui, le nombre de lits de traitement est passé, au cours des deux dernières semaines, de quelques unités à plus de 500 lits répartis dans 19 zones de santé.
Par ailleurs, les capacités de laboratoire se sont fortement accrues, passant d'environ 30 tests par jour à Kinshasa au début de l'épidémie à plus de 2.000 tests par jour grâce à un réseau de huit laboratoires décentralisés dans les provinces de l'Ituri, du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, a-t-il précisé.
Le président de la RDC, Félix Tshisekedi, a annoncé mardi qu'il se rendrait prochainement dans la province de l'Ituri, épicentre de l'épidémie, afin de suivre sur le terrain les opérations de riposte.
"Je voudrais aussi (...) annoncer ici ma descente très prochaine dans la province de l'Ituri, justement, sur les lieux même de l'épidémie, pour faire le suivi personnellement," a déclaré M. Tshisekedi lors d'une conférence de presse conjointe à Kinshasa avec le président burundais Evariste Ndayishimiye, président en exercice de l'Union africaine.
Les deux dirigeants se sont exprimés après avoir pris part à une réunion de la task force nationale de riposte contre Ebola. M. Tshisekedi a indiqué que cette réunion avait permis de faire un point complet sur la situation épidémiologique et les mesures de riposte mises en œuvre par la RDC.
Le président congolais a affirmé que la RDC avait mobilisé les autorités sanitaires, les communautés locales ainsi que les partenaires nationaux, africains et internationaux pour contenir l'épidémie. Les menaces sanitaires "ignorent les frontières", a-t-il souligné, appelant à une coopération régionale renforcée, fondée sur la prévention, la surveillance épidémiologique et le partage rapide d'informations.
L'Ouganda, qui partage les frontières avec l'Ituri, épicentre de l'épidémie, a confirmé un nouveau cas d'Ebola, portant à 20 le nombre total de cas confirmés dans le pays, selon son ministère de la Santé. Le tableau de bord en ligne du ministère mardi fait état de 14 guérisons, de quatre patients actuellement pris en charge et de deux décès. Cinq cas sont locaux, tandis que 15 sont importés.
Mardi également, des responsables sanitaires de l'Ouganda et de la RDC se sont réunis dans la zone de santé d'Aru, en Ituri, pour lancer une collaboration transfrontalière visant à renforcer la surveillance dans les zones frontalières et à mettre en place des services conjoints de laboratoire et de prise en charge clinique dans plusieurs sites en RDC, à commencer par Aru.
Ce plan prévoit le partage des informations de surveillance aux points d'entrée, ainsi que le déploiement conjoint d'équipes d'intervention rapide, de laboratoires mobiles, de centres de traitement Ebola et d'équipes d'experts afin de contribuer à l'interruption de la transmission.
Selon une mise à jour de l'OMS publiée le 19 juin, le risque en RDC demeure évalué comme très élevé en raison de la poursuite de la transmission et de l'extension continue de l'épidémie à de nouvelles zones de santé, ce qui accroît le risque de propagation nationale et régionale.
Le risque en Ouganda reste élevé en raison de la propagation transfrontalière confirmée par des cas importés et des liens épidémiologiques persistants le long du corridor entre l'est de la RDC et l'ouest de l'Ouganda.