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Pétrole: le baril de Brent sous les 75 dollars pour la première fois depuis le début de la guerre au Moyen-Orient

Pétrole: le baril de Brent sous les 75 dollars pour la première fois depuis le début de la guerre au Moyen-Orient

Alsharq Tribune- Sarah Benkraouda 

Le baril du pétrole Brent, référence mondiale du brut, est tombé mercredi sous la barre des 75 dollars pour la première fois depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, le marché se montrant rassuré par la reprise progressive du trafic dans le détroit d'Ormuz.

Les passages de navires via ce détroit stratégique ont augmenté depuis la signature du protocole d'accord entre les Etats-Unis et l'Iran mercredi dernier pour mettre fin au conflit, mais le flux reste inférieur à celui d'avant-guerre, selon les données de Kpler.

Vers 12H45 GMT (14H45 à Paris), le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en août, perdait 3,11%, à 74,68 dollars.

Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate (WTI), pour livraison le même mois, chutait de 2,94%, à 71,06 dollars. Les deux références du brut se rapprochent de leur niveau précédant le déclenchement de la guerre fin février.

Mardi, l'agence maritime de l'ONU a notamment annoncé le début de son plan pour évacuer les marins et les navires bloqués dans la région du Golfe, à cause de la fermeture du détroit d'Ormuz, en précisant avoir obtenu les "garanties de sécurité nécessaires".

Concernant le brut, "les estimations indiquent qu'environ 6 à 7 millions de barils par jour de pétrole ont transité par le détroit ces derniers jours", affirment les analystes d'ING. C'est encore loin des près de 20 millions de barils par jour qui y transitaient avant le début de la guerre au Moyen-Orient.

Mais depuis le début de ce conflit, l'Arabie saoudite et les Emirats arabes unis ont considérablement augmenté leurs exportations d'or noir via des pipelines et des ports permettant de contourner le détroit d'Ormuz.

Par ailleurs, "le marché envisage l'avenir avec optimisme, l'Iran étant susceptible d'accroître ses ventes de pétrole à l'échelle mondiale à la suite de la levée des sanctions américaines" sur les exportations d'hydrocarbures iraniens pendant une période de 60 jours, soulignent les analystes de Mind Energy.

D'autres facteurs jouent en faveur de la baisse des cours, comme les flux provenant des réserves stratégiques et la demande chinoise qui demeure plus faible qu'avant la guerre.

Par ailleurs, "en Russie, les inquiétudes concernant l'approvisionnement en produits raffinés continuent de s'accentuer sur fond d'attaques ukrainiennes persistantes contre les infrastructures énergétiques russes", notent les analystes d'ING.

Moscou a déjà imposé des restrictions à l'exportation d'essence et de kérosène, et le gouvernement "envisagerait désormais d'interdire les exportations de diesel", ce qui "a augmenté l'écart de prix entre le diesel et le Brent" mardi, précisent-ils.

Le diesel, en temps normal déjà plus cher que le brut, est donc encore plus coûteux en comparaison.

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