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L'ex-président par intérim du Yémen, Abd Rabbo Mansour Hadi, est mort à Rya

L'ex-président par intérim du Yémen, Abd Rabbo Mansour Hadi, est mort à Rya

Alsharq Tribune-M.Essam 

L'ancien président du Yémen, Abd Rabbo Mansour Hadi, est mort jeudi dans la capitale saoudienne Ryad, où il vivait en exil depuis 2015, a-t-on appris auprès d'une source au sein de la présidence yéménite.Hadi, octogénaire, « est mort dans la capitale saoudienne des suites d'une crise de santé soudaine », a déclaré cette source, sous le couvert de l'anonymat.

L’homme de la transition constitutionnelle

Parmi les acteurs de l'année 2011 et de ses suites directes, Abdrabbo Mansour Hadi est devenu la figure la plus influente de la scène politique yéménite.

En 2011, inspirés par les intifadas populaires en Tunisie et en Egypte, des milliers d'activistes, de leaders de terrain, d'universitaires, de juristes et de chefs tribaux ont encadré ou rejoint les manifestations, affichant une opposition frontale au système Saleh, dans les « Places du Changement » et de la « Liberté » à Sanaa, Taëz, Aden ou Hodeïdah.

La même année a également été marquée par une fracture historique au sein de l'institution militaire. De nombreux hauts gradés et officiers ont choisi de faire défection pour se ranger du côté des protestataires, assurant ainsi la protection de la révolution de la jeunesse.

Alors vice-président du régime d'Ali Abdallah Saleh, il se retrouve propulsé sur le devant de la scène face à l'escalade des contestations exigeant la chute du pouvoir.

En juin 2011, suite à l'attentat contre la mosquée du palais présidentiel qui blesse grièvement le président Saleh – alors évacué vers l'Arabie saoudite pour des soins –, Hadi prend les rênes de l'État en tant que président par intérim pour gérer cette période de transition hautement critique.

L’architecte de l’accord du Golfe

Hadi devient rapidement le pivot central d'une sortie de crise diplomatique. En novembre 2011, sous l'égide de l'Initiative du Golfe et de son mécanisme d'application signés à Riyad, un accord est scellé pour organiser le transfert pacifique du pouvoir entre ses mains.

En février 2012, plébiscité comme candidat unique de consensus, il est officiellement élu à la présidence de la République. Son élection marque le coup d'envoi d'une phase de transition inédite, censée répondre aux aspirations de changement portées par la rue yéménite.

D'une transition démocratique à la guerre civile

Après le départ d'Ali Abdallah Saleh, le nouveau président de consensus, Abdrabbo Mansour Hadi, dirige le Dialogue national (2013-2014) pour rédiger une nouvelle Constitution et transformer le Yémen en Etat fédéral. 

Les Houthis (un mouvement armé zaïdite chiite venu du nord) et les partisans de l'ex-président Saleh (resté très influent) se sentent marginalisés par le nouveau projet de découpage fédéral et décident de s'allier pour faire échouer la transition.

Profitant du mécontentement populaire face à la hausse du prix des carburants, les rebelles Houthis descendent de leur bastion de Saada et s'emparent militairement de la capitale, Sanaa, en septembre 2014.

Ils placent le président Hadi en résidence surveillée. A ce stade, le gouvernement central perd le contrôle et les affrontements armés commencent à se propager à d'autres régions du pays.

En février 2015, le président Hadi réussit à fuir Sanaa pour se réfugier à Aden, dans le sud, d'où il déclare qu'il est toujours le président légitime. Les Houthis et les forces fidèles à Saleh lancent alors une offensive militaire vers le sud pour le capturer.

Face à la chute imminente d'Aden, le 26 mars 2015, l'Arabie saoudite prend la tête d'une coalition militaire arabe (soutenue par les États-Unis et les puissances occidentales) et lance l'opération Tempête décisive pour repousser les Houthis (soutenus par l'Iran). Le Yémen se dichire en deux parties.

En 2022, il avait transféré ses pouvoirs à un Conseil présidentiel, basé à Aden, la grande ville du Sud. Le pays, où les rebelles contrôlent de larges pans dont la capitale Sanaa, connaît une accalmie fragile depuis une trêve négociée par l'Onu en 2022.

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