Alsharq Tribune-AFP
L'épidémie d'Ebola en République démocratique du Congo (RDC) demeure dans une phase "active" et "ascendante", alors qu'elle sévit dans le pays depuis plus d'un mois, a indiqué lundi Dieudonné Mwamba Kazadi, directeur général de l'Institut national de santé publique (INSP).
"Nous sommes toujours en pleine épidémie. Je pourrais dire que nous sommes dans la phase ascendante de l'épidémie, la phase active", a-t-il confié dans un entretien accordé à Xinhua.
Selon le dernier bilan publié par les autorités congolaises, le nombre de cas confirmés d'Ebola est monté à 808, dont 192 décès, tandis que le dernier rapport d'évaluation de l'INSP, publié dimanche, montre que les cas confirmés augmentent de semaine en semaine, ce qui traduit une transmission communautaire persistante.
M. Mwamba Kazadi a estimé que les stratégies de riposte sont "sur la bonne voie", tout en soulignant la nécessité de renforcer certaines mesures, notamment l'engagement communautaire, les capacités de prise en charge et les enterrements dignes et sécurisés.
"Nous devons continuer à engager davantage les communautés (...) Toutes nos interventions doivent se faire avec la communauté", a dit ce responsable.
Il a averti qu'il risque d'y avoir de nouveaux cas confirmés dans les prochains jours, l'épidémie demeurant dans une phase active.
"La perspective, c'est vraiment d'augmenter les capacités et d'avoir déjà des centres de traitement positionnés pour accueillir les futurs cas suspects et confirmés", a-t-il souligné.
Le contrôle de l'épidémie dépendra avant tout de la surveillance et du suivi des contacts, a-t-il noté, déplorant toutefois que la résistance communautaire demeure un obstacle persistant, certaines communautés ne croyant toujours pas à l'existence de la maladie, sur fond de rumeurs et de propagation de fausses informations depuis le début de l'épidémie.
Ces perceptions compliquent notamment les enterrements dignes et sécurisés, a-t-il fait remarquer, précisant que certaines familles et des membres de communautés ont tenté de récupérer des corps, alors que la manipulation des dépouilles reste l'une des pratiques les plus à risque.
A l'aéroport de Bunia, chef-lieu de la province orientale de l'Ituri et épicentre de l'épidémie, le trafic aérien a été perturbé par la propagation du virus.
M. Mwamba Kazadi a indiqué que les équipes de riposte et l'Organisation internationale pour les migrations (OIM) avaient mené plusieurs évaluations. Selon le dernier rapport, près de 98% des dispositifs requis ont déjà été mis en place.
"Nous pensons que nous sommes suffisamment prêts", a-t-il estimé, tout en soulignant que la décision de rouvrir ou de fermer l'aéroport relevait des autorités de l'aviation civile et d'autres services compétents, et non de l'équipe chargée de la riposte contre Ebola.