Alsharq Tribune- Suivis
Le ministre de l'Éducation Claude Meisch (DP) était présent lundi matin dans les studios de RTL pour discuter de la controverse autour des futures toilettes mixtes dans les écoles secondaires.
La question des toilettes unisexes n’est pas tombée du ciel. L’été dernier, un plan d’action national pour les droits de la communauté « LGBTIQ+ » a été adopté au Luxembourg avec le soutien du CSV.
On pouvait notamment y lire que des travaux étaient en cours pour mettre en place un concept de toilettes plus inclusives dans les lycées. C’est ce qu’a déclaré lundi matin la ministre de l’Éducation, Claude Meisch, dans une interview accordée à RTL au sujet de la controverse sur les toilettes unisexes dans les écoles.
Le CSV “surfe un peu plus sur la vague”
Le ministre de l’Éducation affirme qu’il n’y a pas de divergence substantielle entre le CSV et le DP.
“Je pense qu’il s’agissait plutôt de surfer sur la vague, la vague d’indignation, comme vous l’avez dit [...] Ce qui est important, c’est que sur la question de fond du type de toilettes qui devraient être installées dans les écoles, nous sommes d’accord et nous mettrons cela en œuvre ensemble.”
Il a déclaré qu’il ne ferait pas d’autres commentaires sur la décision du CSV, mais qu’un parti doit également avoir une ligne de conduite, surtout lorsque le vent souffle contre vous.
Il n’y avait certainement pas une bonne ambiance au sein de la coalition à ce moment-là. Le député CSV Ricard Marques, qui avait déclaré dans des interviews que le CSV ne savait rien des toilettes unisexes, l’avait également appelé et ils étaient d’accord pour dire qu’il devait continuer à y avoir des toilettes pour garçons, des toilettes pour filles et aussi des toilettes neutres dans les écoles.
Il en va de même pour les vestiaires, précise Claude Meisch qui regrette que, malheureusement, “nous vivons à une époque où l’on ne peut plus discuter sereinement et dans le respect des sujets délicats, qui touchent souvent les minorités. Et l’école est précisément un lieu où les adultes doivent montrer l’exemple”.
“N’avons-nous pas d’autres problèmes ?”
Sur Internet, on pouvait très souvent lire :"N’avons-nous pas d’autres problèmes ?”. “Oui, nous avons effectivement de nombreux défis à relever dans le domaine de l’éducation”, a déclaré Claude Meisch. Mais ici, il s’agit aussi de l’individu.
L’adolescent de 15 ans qui se sent mal à l’aise dans son corps, ou les élèves transgenres pour qui aller aux toilettes peut être un problème majeur.
“Et j’ai un peu de mal à accepter le fait que nous ne prenions plus les droits des minorités aussi au sérieux qu’auparavant” a déclaré le ministre tout en soulignant que c’était désormais la norme dans le monde entier.
Une société montre également son caractère dans la manière dont elle traite les minorités, leurs défis et problèmes.
Les toilettes scolaires: un sujet récurrent
Il y a quelques mois, les toilettes du Lycée Technique de Lallange ont fait l’objet de discussions. Elles avaient toutes été fermées, à l’exception d’une seule, en raison de problèmes disciplinaires.
Il est important de concevoir les toilettes de manière à éviter la discrimination et le harcèlement.
Et pour protéger les élèves dans les toilettes et peut-être aussi leur garantir un peu plus d’intimité. Les toilettes sont fermées dans leur ensemble à l’extérieur, c’est pourquoi la surveillance n’a pas été possible jusqu’à présent.
Mais à l’intérieur, les cabines sont ouvertes en haut et n’offrent souvent pas la protection nécessaire. “e que nous aimerions faire maintenant, c’est avoir un seul bloc de toilettes, qu’il soit réservé aux garçons, aux filles ou mixte, qui soit plus ouvert sur l’extérieur afin de pouvoir entendre s’il y a une bagarre ou une discussion animée à l’intérieur.
Mais à l’intérieur du bloc, il y aura des cabines individuelles fermées de haut en bas, comme à la maison.
Où l’on peut s’enfermer et avoir une intimité totale. Cela permettrait donc non seulement de répondre à la question du genre, mais aussi de lutter contre la violence, le harcèlement et les problèmes disciplinaires dans les toilettes”, selon Claude Meisch.
L’ADR a “diffusé de fausses informations”
Cette discussion a-t-elle été déclenchée par la question “LGBTIQ+" ? “On ne peut que spéculer”, dit Claude Meisch. Certains députés de l’ADR ont simplement “diffusé de fausses informations”.
Le ministre raconte être rentré chez lui le soir et ses propres enfants l’ont réprimandé parce qu’ils pensaient que désormais n’importe qui pouvait entrer dans n’importe quelles toilettes dans n’importe quel bâtiment scolaire. Mais ce n’est pas le cas.
“Il y aura toujours des toilettes pour garçons. Il y aura toujours des toilettes pour filles. Mais il y en aura une supplémentaire que tout le monde pourra utiliser”.
Il s’agit désormais d’un projet pilote qui a été développé avec de nombreuses parties prenantes et qui ne sera mis en œuvre qu’en 2032. Il ne sera introduit que dans les nouvelles écoles secondaires ou les grandes extensions, conclut le ministre de l’Éducation.